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L’exercice de l’autorité

Par Mme Elodie Simon-Lorière, psychologue, diplômée d’un DESS de Psychologie Pathologique et Clinique, spécialisée dans la petite enfance.

Cette conférence a eu lieu le 17 novembre 2009

« L’autorité du père a été doublement mise en difficulté ces dernières décennies, à la fois par une évolution du rôle de la femme et par une nouvelle place donnée à l’enfant. Nous allons fournir quelques repères pratiques pour mettre en œuvre au quotidien cette autorité. »

Mme Simon-Lorière a divisé son intervention en deux parties : 1) l’autorité paternelle en théorie, 2) l’autorité paternelle en pratique

L’autorité paternelle en théorie :

L’autorité, c’est faire grandir ; c’est différent de l’autoritarisme qui cherche à abaisser la personne. Dans une perspective spirituelle, Dieu a confié la Création à l’homme avec comme toile de fond, le bien commun. Les enfants ne nous appartiennent pas, nous sommes au service de leur bien.

Il y a plusieurs freins à l’exercice de l’autorité : complexes, timidité, peur de déplaire,…D’abord, il faut avoir l’autorité sur soi-même, ce qui implique : d’avoir l’égalité d’humeur (guider l’affectivité par l’intelligence), de faire preuve de prudence dans la décision (capacité de réflexion) et de garder de la distance par rapport aux personnes et aux événements (éviter la fusion). L’exercice de l’autorité, c’est faire progresser l’autre. Dans l’approche psychologique, le rôle du père est de séparer la mère et l’enfant par la parole. La mère doit être le relais du père dans l’exercice de cette autorité en la positivant. L’autorité, c’est autoriser, permettre de découvrir le monde. Dans l’autorité, il faut une adhésion qui s’établit dans un rapport de confiance et d’affection. Aujourd’hui, la loi a évolué et l’autorité du père a beaucoup diminué. Il la partage avec la mère. Le code civil marque un changement (1965). Aujourd’hui, les territoires sont plus mouvants. C’est aussi la place qu’occupe l’enfant qui a changé car l’attachement à l’enfant apparaît comme pérenne, a contrario de la relation de couple. Aujourd’hui, les enfants sont souvent placés au centre de la famille, alors que ce devrait le couple parental.

Le recul de l’autorité provient de mai 1968 et d’une dérive psychologique qui a conduit à adultiser l’enfant. En voulant respecter l’enfant en tant qu’être humain, on a renoncé à lui donner les limites claires qui lui permettent de se construire dans un sentiment de sécurité. On a oublié que l’enfant est un être en construction. Quand il naît, l’enfant est dans le principe de plaisir (registre pulsionnel). Il faut donc lui expliquer les règles qui permettent la vie en commun et sans lesquelles chacun laisserait aller ses pulsions au détriment de l’autre. Et si l’enfant auquel on a expliqué la règle la transgresse, il faut sanctionner. Les divers âges :

· 18 mois = découverte du monde et regard vers les parents protecteurs

· 2 ans = période d’opposition

· 4-5 ans = le stade œdipien quand l’enfant veut s’accaparer le parent de l’autre sexe. Là, il apprend qu’il y a une limite absolue à ces désirs et que dans la vie, on doit faire avec le désir des autres

De "l’enfant est une personne" (Dolto), on est passé aujourd’hui à "l’enfant-roi".

L’ autorité paternelle en pratique :

Condition à l’autorité : confiance en soi et en sa capacité à se faire obéir, Confiance dans le bien-fondé des instructions données ; ne pas culpabiliser, ne pas avoir peur de ne plus être aimé par son enfant, s’en tenir à sa décision initiale et évitez de tergiverser. EXERCER L’AUTORITE, c’est :

1/énoncer la règle : Elle doit être définie d’un commun accord entre les parents ; cohérente ; intelligible ; précise et adaptée à chaque âge et donnée dès le plus jeune âge. Et il revient plus particulièrement au père d’énoncer la règle.

2/expliquer le pourquoi de la règle : Nous devons expliquer aux enfants que, comme nous sommes responsables d’eux devant la loi, nous sommes autorisés à leur imposer des règles, qui sont les mêmes pour tout le monde. Il est important d’expliquer le sens des règles, c’est dire à quoi elles servent. L’exemplarité des parents est alors d’une grande valeur. Conditions requises pour que le message soit reçu :

- 1/l’enfant doit être disponible.

- 2/il faut s’approcher de lui

- 3/il faut capter son regard

- 4/il faut énoncer fermement et calmement l’ordre

- 5/il faut dire le message en respectant l’enfant.

- 6/il faut faire éventuellement les gros yeux :

- 7/:Il faut aussi être prêt à agir

4/sanctionner si besoin : La sanction doit être sans arbitraire, proportionnée et portant sur des choses significatives. Il faut éviter de céder au chantage.

5/encourager : il faut encourager l’obeissance